Biennale des Arts et de la Culture en Pays Sénoufo
À l’ère du numérique et de la mondialisation accélérée, nos sociétés traditionnelles font face à un défi majeur : la perte de repères. C’est de ce constat alarmant qu’est né le Porlahla.
Initiée par la vision éclairée de Monsieur Koné Dossongui, cette biennale a été conçue comme un rempart contre l’oubli. Elle vise à reconnecter la jeunesse — souvent happée par des modèles extérieurs — à la richesse de son propre patrimoine.
Le Porlahla n’est pas un repli sur soi, c’est un enracinement nécessaire pour mieux s’ouvrir au monde.
L’étymologie du mot porte en elle toute la philosophie de l’événement.
« Le temps du Poro » : Il fait référence à la période sacrée de l’initiation, moment clé de l’éducation en pays Sénoufo.
« Ma période » (au sens large) : C’est le moment privilégié pour s’affirmer, pour dire « C’est mon tour de prendre le relais ».
Ainsi, le festival est le temps de la transmission. C’est le moment où les Anciens (les sachants) passent le flambeau des valeurs, des arts et des coutumes aux jeunes générations (les apprenants).
Si le cœur du festival bat à Kouto, dans la région de la Bagoué (Côte d’Ivoire), ses artères irriguent toute l’Afrique de l’Ouest. Le peuple Sénoufo est une grande famille transfrontalière. Le Porlahla réunit donc naturellement les communautés sœurs de quatre pays :
🇨🇮 Côte d’Ivoire
🇲🇱 Mali (Région de Sikasso)
🇧🇫 Burkina Faso (Région de Bobo-Dioulasso)
🇬🇭 Ghana (Région de Soko)
Cette réunion unique permet de célébrer l’unité d’un peuple au-delà des frontières administratives héritées de l’histoire.
Le Porlahla repose sur un triptyque qui guide chaque édition :
Nous utilisons le Poro (l’école initiatique traditionnelle) comme modèle pédagogique. Il ne s’agit pas de folklore, mais d’enseigner des vertus civiques concrètes : le respect de la hiérarchie, l’intégrité (Sénabélé), le goût de l’effort et la solidarité.
Le festival est un terreau de paix. En invitant chaque année des peuples alliés et d’autres régions de Côte d’Ivoire, nous activons les mécanismes traditionnels de gestion des conflits (alliances inter-ethniques) pour renforcer le tissu social.
La culture est une richesse. En attirant des milliers de festivaliers, le Porlahla stimule l’économie locale (hôtellerie, artisanat, transport) et positionne Kouto comme une destination touristique majeure du Nord ivoirien.